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jeudi 25 avril 2013

LE MECANO DU VENDREDI par Fellag


Infos sur le livre :
Titre : Le mécano du Vendredi.
Auteur : Fellag       ICI
Edition : JC Lattès 2010    
Sur photo : Edition points 2012  (208 pages)
Illustrations : Jacques Ferrandez   ICI
Pays : Algérie.
Publié : 2010.
Quatrième de Couverture : Zoubida, c’est toute ma vie. Elle me mène par le bout du nez, je cède à tous ses caprices. Zoubida, c’est ma 4L. Jamais contente, elle tombe en panne n’importe où ; heureusement les rues d’Alger sont pleines de pousseurs potentiels. Allez, démarre, Zouzou, j’ai besoin de toi pour la revoir, Elle… Si tu refuses, il me restera mes films. Ceux que je fais dans ma tête puisque je n’ai pas de bobine.

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Pourquoi ce livre ???
Fellag est un humoriste Algérien très célèbre, avec beaucoup d’expérience sur les planches des théâtres et des salles Algériennes mais aussi Françaises, et quand j’ai appris qu’il s’était mis aux romans, j’ai tout de suite voulu partager son aventure.  
C’est d’ailleurs dans la veine de l’un de ses spectacles « Tous les Algériens sont des mécaniciens » que ce road-movie a été écrit, il dit que l’écriture est pour lui un moyen de récupérer tout ce qui déborde de son imagination.
Le choix du livre s’est imposé de lui-même, je n’avais trouvé de disponible que celui-ci.

Mon avis
Drôle d’expérience dans tous les sens du terme.
Je commencerai par faire l’éloge de l’objet livre, que j’ai trouvé très bien, format, taille de la police et qualité de la couverture, des paramètres qui ont rendu ma lecture plus agréable, de plus, j’ai tout particulièrement apprécié les illustrations qui accompagnent le texte, et j’ai été stupéfaite par l’authenticité et l’empreinte Algérienne qui se dégagent de ces estampes colorées!
Je me disais, à moins que ça soit Fellag lui-même qui en ait le réalisateur ou une personne native du pays, qui pourrait faire parler ces images de la sorte !?
Ceci m’a donc donné envie de m’intéresser de près à l’illustrateur et trouver la réponse à mes exclamations et interrogations, et ma petite enquête a abouti à une logique évidente, qui est que ce Monsieur s’avère être un amoureux de l’Algérie, lui-même né à Alger d’ailleurs, et étant Algérienne, franchement, j’y étais sensible.
Et pour vous dire, j’ai trouvé que la collaboration entre l’auteur et l’illustrateur est le point fort de ce livre, une sacré alchimie, qui me fait encore penser que c’est une seule et même personne qui a réalisé le texte et les images.
Et à eux deux, ils ont réalisé un film en quelques pages.
Concernant l’histoire, ce roman-album des années 80, plus précisément en 1988, nous donne l’occasion de suivre les tribulations de Youcef, un Algérois de 38 ans qui a fait ses études de cinéma à Moscou.
En rentrant au pays, ses rêves s’amenuisent après une furtive expérience professionnelle, mais attention, il n’est pas au chômage, il est retraité !!! Pas marié, il vit toujours chez ses parents, sa vie sociale est précaire et toute son attention se tourne vers sa voiture qu’il appelle « Zoubida » une R4 qui prend vie d’une manière significative dans son quotidien.
J’étais très jeune en 1988, mais pour avoir partagé les anecdotes de mes parents, je suis assez consciente de l’atmosphère qui régnait à cette époque-là, du moins, j’ai ma petite idée, et Fellag est le Roi quand il s’agit de camper avec du réalisme, de la tendresse et beaucoup d’humour son pays et son peuple, donc encore une fois, il réussit à raconter une vision assez réaliste de la vie à cette époque.
Il est subtile et drôle et pour avoir vu ses spectacles à la télévision, je l’ai trouvé fidèle à lui-même de par sa plume, son message passe de la même manière.
Il en profite donc pour aborder les évènements passés via Youcef, dont l’histoire est tout à fait crédible, en s’attaquant à des thèmes sérieux comme les conditions sociales, la politique du pays, l’impact du pétrole, les aléas existentiels que l’on pouvait connaitre à cette période assez délicate, l’insouciance d’un peuple qui vit malgré lui une période charnière, dans une Algérie qui commence son éveil, qui cherche encore sa place après plus d’un siècle de colonisation française, tout ça dans un texte très intelligent, truffé de clins d’œil, et bourré de sens.
C’est le genre de livre qui se lit avec les oreilles.
Un voyage culturel et nostalgique, à l’humour caustique, je pense que la génération concernée ne peut qu’être touchée par cette chronique douce- amer, et pour les autres générations, il s’agira d’un excellent moyen de comprendre l’évolution des choses, et comme Fellag ne fait rien dans l’exagération ni dans l’aberration et qui de plus possède le don de la critique tendre et constructive qui préserve la réalité, et bien, la curieuse que je suis n’arrêtera pas là.



1/26

Bonne lecture


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